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Témoignage – Guillaume Lamontagne


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Sans les CJE dans ma vie, je ne serais pas ici en train de les défendre. Je ne serais peut-être pas aussi sympathique à leur cause. Je ne serais probablement pas employé d’un CJE. Je n’aiderais surement pas à mon tour les jeunes en difficulté.

Les CJE m’ont sauvé en quelque sorte. Voici ma petite histoire.

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Je vous épargne les 25 premières années de ma vie. Mon histoire commence il y a quelques années de cela. Je travaille à l’époque dans une usine de transformation de bois, un moulin dans le jargon. Ça fait six ans que j’y passe mon temps comme opérateur de machinerie lourde; malgré les up and down, j’haïs vraiment pas ma job. Je travaille 45 heures par semaine, de nuit. J’ai un bon salaire, des assurances, des avantages sociaux béton, 4 semaines de vacances. Dans mes fonctions, je suis aussi représentant syndical en santé et sécurité au travail. Maudit syndicat diront certain! Moi j’aimais ce rôle, parce que j’avais l’impression d’améliorer l’environnement de travail de mes 150 autres collègues. Par contre, mes boss ne m’aimaient pas beaucoup, parce que selon eux, je leur coutais cher. Les relations de travail se sont graduellement envenimées jusqu’au 11 décembre 2008 (je m’en rappelle encore). Une grosse journée de m****, une tempête, un camionneur qui se décapite un bras … s’en était trop. J’ai quitté et je ne suis jamais revenu. Sans le savoir, j’étais en burnout ! Je commençais déjà, grâce à un médecin de famille soucieux, à penser à changer de carrière. Je voulais être ambulancier; avec tous les accidents de travail graves que j’ai vus, le sang et les doigts arrachés, je me sentais près … mais pas tout de suite.

De décembre à mars, mettons que je n’étais pas le meilleur des conjoints. Je me levais à midi, déjeunais avec des bonbons, attendais que ma blonde se couche pour embarquer sur ma console de jeux vidéo à faire semblant que j’ai une vie sociale. Je me couchais à 5h00 du matin. Je me levais à midi … et ça recommençais. Pendant 3 mois et demi de temps, non-stop …

Jusqu’au jour où je me suis botté le derrière et j’ai décidé d’aller au bureau d’Emploi-Québec pour voir s’il pouvait m’aider financièrement. J’étais ambivalent; d’un côté, j’avais espoir de me retrouver une carrière et de repartir à zéro avec l’aide du CLE. De l’autre côté, mon orgueil prenait une méchante débarque, parce que j’étais au «bureau du B.S.», comme il se fait si souvent surnommer. Je n’étais pas leur client, je ne voulais pas être leur client. En fait j’étais un travailleur en congé de maladie, c’est tout.

L’agente du Centre local d’emploi, qui était avec sa stagiaire, m’a plus que mit des bâtons dans les roues, en me refusant catégoriquement de payer mon cours, tant que je n’aurais pas fait de processus :

-Va au carrefour jeunesse-emploi faire une démarche d’orientation et vient me revoir après’’ me lança-t-elle.

-De kossé?’’ rétorquais-je.

En effet, je n’avais aucune idée de ce qu’étais un CJE, même à 25 ans. Mais là, j’avais besoin d’eux pour devenir ambulancier. Je me suis donc rendu au Carrefour jeunesse-emploi de mon territoire (un de ceux de la Capitale-Nationale), sans savoir ce qu’il pouvait m’offrir. J’étais tu pas assez chanceux d’être à la mi-février, car il y avait un groupe d’orientation qui commençait. Ça avait d’l’air que la date limite d’inscription était le 1er mars et ça fittait avec le début de ma démarche. Et bennnn ! Je me suis présenté le lendemain pour la première séance en groupe, avec du monde comme moi. Des difficultés, des questions sans réponses, des rêves et des embûches. Une belle cuvée mettons.

Et puis, plus les jours avançaient, plus je développais des liens, plus j’en rassurais certains, qui me rassuraient à leur tour. C’était motivant! À travers les activités de connaissance de soi, de recherche d’emploi et tout le reste, j’apprenais à me connaître. Me connaître différemment. Mon conseiller d’orientation (où orientateur, pour le commun des mortels) apprenait aussi à me connaître. Finalement, après deux semaines d’orientation de groupe et de suivis avec mon conseiller, j’ai dû faire plusieurs constats. Le premier était que la carrière d’ambulancier n’était pas faite pour moi. Le deuxième était qu’il y avait plein d’alternatives. Le troisième était que le CJE m’a accompagné afin que je voie ces alternatives et m’a aidé à me découvrir et à m’aimer avec mes qualités et mes défauts.

Finalement, je suis inscris à l’Université Laval au début mars pour débuter en septembre mon baccalauréat en orientation. Pour un décrocheur avec un secondaire 5 et des cartes d’opérateur de machinerie lourde, c’était un beau défi. Mes parents étaient plus du type : «WTF!». Je partais de loin, avec pleins de cours compensateurs à faire en plus. J’en avais pour quatre ans certain, mais au moins on croyait en moi.  De 2009 à 2012, j’ai eu beaucoup d’occasion d’abandonner. Et quand je dis beaucoup, c’est BEAUCOUP ! Mais j’ai persévéré, j’ai cru en moi, j’ai redoublé d’effort. J’ai fait des sessions de 6 et 7 cours à ne plus dormir, à ne penser qu’aux théories des uns pis des autres. Les temps durs ont passé et j’ai finalement obtenu mon diplôme en mai 2012.  Maintenant, fallait juste se trouver un boulot.

Applique à une place, passe une entrevue dans l’autre. Pas facile la recherche d’emploi. Un jour, début juin me semble, j’ai reçu un appel pour une entrevue près de chez moi. Un dénommé Serge Duclos, directeur général du Carrefour jeunesse-emploi Charlesbourg-Chauveau veut me rencontrer puisqu’un poste est disponible au sein de leur équipe. Paradoxal un peu, j’en conviens.

Je vous exempte des détails, mais aujourd’hui, 5 novembre 2014, je suis agent de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse au même carrefour. J’ai participé activement à titre d’intervenant aux projets «Jeunes en action», «Chantier Urbain» et «S.A.M.T». J’ai organisé plusieurs activités en lien avec l’insertion professionnelle des jeunes, les difficultés qu’ils vivent et les moyens efficaces d’améliorer leur situation. J’ai ouvertement parlé de mon expérience personnelle et professionnelle en lien avec les carrefours jeunesse-emploi. Je commence ma troisième année ici et je suis fier de le dire : JE TRAVAILLE POUR UN CJE, J’AIME LES JEUNES ET J’AIME MA JOB!

La question se pose : Où serais-je sans l’aide de mon CJE ? Ma réponse est … aucune idée. Une chance qu’il était là car sans lui, je ne pourrais pas aider des jeunes à mon tour, qui vivent la même situation que moi, et qui s’accrochent à un rêve. Ils sont remplis d’espoir, malgré les embuches, les revers et les échecs qu’ils subissent. Aujourd’hui le combat politique des CJE est plus que déterminant, surtout pour eux.

Est-ce que nous voulons aider d’autres «Guillaume Lamontagne»?

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